Tu la sens ma grosse gomme ?

On leur attribue différentes appellations mais il est vrai que « Les frotteurs du métro » est de loin celle qui les décrit le mieux. Vous savez, ces individus qui se collent à vous alors que vous êtes à ce moment- là debout à vous tenir péniblement à la barre en vous demandant combien de provenances d’urine et de sperme différentes vous pourriez trouver si on la testait (c’est généralement ta pote relou qui aime faire cette référence en insistant bien sur le fait que ce soit cracra. Oui, bah je ne vais quand même pas tomber ! ). Quoiqu’il en soit, vous êtes là, à laisser quelques « pffff » s’échapper parce qu’on est parisiens  et se plaindre – et plus particulièrement de la RATP  – c’est  dans nos gênes ! Vous devez gérer votre sac à main en bandoulière, votre iPhone qui vous sert à ce même moment à tweeter « F**k la RATP ! », votre esprit qui vous pose une colle du style « Est-ce que j’ai bien mis une culotte aujourd’hui ? » et  votre voisin de derrière qui a certainement des gênes similaires à ceux de Francky Vincent sauf qu’à la question « Tu veux mon zizi ? », t’as juste envie de répondre « Non, non, non, non ! ». Malheureusement, au moment-T ces personnes-là n’ont pas la décence de nous demander notre avis comme nous n’aurons jamais la répartie rêvée « Putain mais touche à ta mère connard ! ». Non, ça n’arrivera pas. Il y a des personnes autour et on ne veut pas attirer l’attention sur nous  parce que ce serait s’exposer à un retournement de situation inattendu comme le fait que quelqu’un relève le fait que non, vous n’avez vraiment pas mis de culotte aujourd’hui. On commence à esquisser un Madison / Macarena pour éviter de sentir le sexe en érection qui se frotte à notre derrière à cet instant. Echec et mat, le coup de rein est bien arrivé à destination, c’est la fin.

Vous n’aviez pas compris le titre jusqu’à maintenant ? Le pourquoi du comment, c’est ici, c’est maintenant, ça tourne ! Lorsque cela m’est arrivé, dans le rôle du frotteur je demande la version chauve de Louis Borloo – inutile de préciser que le mec n’émane pas le swag – ; Il s’est collé à moi, a approché sa bouche de mon oreille pour me chuchoter de façon suave « Tu la sens ma grosse gomme ? ». Je pense pouvoir assurer de façon certaine et impartiale que j’ai choppé à ce même instant une mycose et une bonne gastro.  Prise de dégoût et de peur, je me suis mise dans un état qui m’arrive bien plus souvent que je ne le souhaiterais : des crises en plusieurs actes simultanés : rires, larmes, mouvement brusques et insensés.

J’ai eu la chance d’assister à une belle preuve d’humanité et de solidarité féminine. Une dame âgée était assise aux premières loges pour voir cette scène digne d’un bêtisier de Jacquie et Michel. Touchée par cet acte pervers et plutôt traumatisant, elle s’est chargée de l’humilier publiquement en énumérant toutes les insultes de la guerre de 14, c’était beau, c’était bien.

Et vous, quelle est votre anecdote avec un frotteur ?

Lettre ouverte #1

Bonjour,

Je ne sais pas vraiment qui s’adresse ce courrier mais c’est un moyen pour moi d’évacuer des toxines qui me bouffent encore plus qu’un manque de sport, de nourriture, de sexe ou d’eau. Vous me direz, « ton énumération n’a aucun sens ! Meuf, revoie ta pyramide de Maslow ! », j’accepte. Quoiqu’il en soit, voici ce qui m’arrive, que j’aimerais partager avec toutes celles qui seraient susceptibles de s’y retrouver et ceux qui auraient les capacités intellectuelles de mieux comprendre ce que « heart broken » signifie pour une fille. D’ailleurs, je ne pense que ce soit du ressort de l’intelligence mais plus d’une sensibilité ou d’une générosité d’écoute et de remise en question. Ah les hommes et leur super capacité à entendre plutôt qu’à écouter … Bref, où en étais-je ? Ah oui. Ce fameux cœur brisé, cette désillusion d’une histoire qui nous transcende, le besoin d’être avec l’autre, le cœur qui bat lorsqu’on a un signe de vie du bien-aimé alors qu’on s’était juré que « pfff, de toutes façons je m’en tape. J’aurai des ses nouvelles quand j’en aurai. En attendant, je fais ma vie. Point barre ! ».

En réalité, on se retrouve rapidement dépendante, on a besoin de rendre le futur aussi certain qu’il fait rendre le présent si vivant et beau. La crise et les guerres dans le monde ? Très peu pour moi, je suis in love mec, tu comprends ? a-mou-reuse. Je fréquente Joe (dans un soucis de confidentialité, je modifie son prénom) depuis un peu plus d’un mois. Je le rencontre un soir sur LA plateforme incontournable de la e-rencontre : Tinder. Je pourrais vous conter les nombreuses vertus de cette application mais rédiger un billet ciblé me semble plus pertinent.

Joe n’est pas très grand, Joe est plus âgé, mais Joe n’est pas aussi pratique que ce que j’ai pu croire. Ah non ! Je me dis confiante : easy, il est plus âgé ? C’est in the pocket ! Il sera ravi de fréquenter une pétillante jeune femme de 24 ans, pleine de vie et d’énergie. Joe et moi, ça colle. Joe et moi, on s’aime. Joe et moi, on s’éclate au lit, et dans le taxi ! Mais Joe ne sait pas être rassasié. Joe, il aime les femmes et il ne s’en cache pas. On se fréquente depuis un mois et je réalise que je n’ai pas réellement de complexe d’œdipe mais que ce mec, je l’aime. Je regarde ses rides, et j’espère les retrouver sur mon visage quand il sera temps que l’on souffle nos bougies ensemble et que l’on réalise qu’on en est déjà aux noces de diamant. Mais ça n’arrivera pas. Joe est faible, et je ne peux pas accepter ce défaut chez l’être aimé et tant convoité. Il est retourné sur cette plateforme, m’a tourné le dos en pensant qu’il trouverait mieux certainement. Si c’est le cas, j’espère qu’il saura garder de moi un souvenir beau et peu ingrat.

Comment je me sens ? (les mecs, si vous avez eu le courage de lire entre les lignes jusqu’à maintenant, c’est le moment de vous munir de vos mouchoirs et de votre téléphone pour vous excuser auprès de toutes celles que vous avez laissées pour compte) J’ai mal au cœur et dans ma tête, c’est une guerre spirituelle entre moi, surmoi et ça. Je suis une misérable merde, je ne vaux rien, je suis remplaçable. Mais quand même, j’ai ce sentiment d’être spéciale qui n’en démord pas. C’est bien là, quelque part. Si je peux en être intimement convaincue, pourquoi pas lui ? Pourquoi est-ce qu’il ne le voit pas ? Elle a sûrement une plus belle poitrine que moi, jouit certainement du ventre plat 0 complexe que je n’ai pas. Pourtant, je ne comprends toujours pas. Tous les deux, on s’entend bien, on se marre bien alors pourquoi ?

Avec le temps va, tout s’en va. Cimer Léo mais je ne veux pas. Je ne veux pas l’oublier parce que ce serait céder de nouveau, et réaliser les mêmes erreurs avec un prochain mais si je ne le fais pas, je deviendrai cette vieille sorcière féministe, une frustrée qui ne trouve du réconfort que dans les contacts avec les chats ! Fréquenter ces bars toute ma vie et regarder les 12 coups de midi seule, ah non ! Je refuse. Alors qu’est ce que je dois faire ? Je pense que là-haut, ils se sont accordés sur une décision rationnelle et plutôt positive : prendre une bonne cuite, et puiser de l’énergie positive partout où on peut en trouver. On va éviter les partouzes, on va favoriser les sorties copines qui elles ont … Déjà quelqu’un et avec qu c’est le big love !

Tant pis, avec un peu de chance elles sont moches, ont pris 14 kilos depuis qu’elles sont casées et toi, il te reste ton jean objectif taille fine que tu peux maintenant porter puisque tu n’as pas la force d’avaler quelque chose depuis 3 jours. A vous, mes bien aimés lecteurs, ceci n’est pas un appel à l’aide ou au suicide. J’aime porter les choses à la dérision, moi en premier donc faites preuve de légèreté et de recul quand vous me lirez.